Bocas, vous le savez maintenant, est une charmante petite île du Panama, une terre d’asile pour les soixante-huitards attardés, un paradis pour les nouveaux hippies ou ceux qui se considèrent comme tels. Ces derniers logent généralement chez „Heike“ et passent leurs soirées au Mondo Taitu ou à l’Aqua lounge avant de se rendre vers minuit et demie au party boat. Bocas, c’est le fun assuré.
De plus, les îles sont magnifiques : eau transparente, palmiers, sable fin et végétation hallucinante. Les gens sont aimables bien qu’il faille toujours rester sur ses gardes pour être sûr de ne pas se faire arnaquer.
Voilà ce qu’un touriste voit quand il reste quelques jours à Bocas. Quand on pose ses valises un peu plus longtemps, le village divulgue cependant d’autres faces de sa personnalité. D’abord, faire la fête tous les soirs devient à la longue quelque peu superficiel. Ensuite, les chiens et chats errants et affamés qui déambulent dans les rues dans l’espoir souvent vain de trouver quelque chose à se mettre sous la dent, me brisent le cœur. Il y a aussi les difficultés à trouver certains produits, même des bananes, alors qu’à seulement quelques km d’ici se trouvent des plantations de bananiers à perte de vue.
Et que dire de cette pollution ? C’est absolument inimaginable. Jamais je n’aurais pu supposer telle horreur. A ce point, ce n’est plus une affaire locale, mais internationale. Des inspecteurs internationaux devraient obliger les autorités panaméennes à forcer les gens à nettoyer ne serait-ce que leur jardin. Vivre au milieu de détritus ne semble ici gêner personne.
Enfin, toute ces personnes assises du matin au soir à regarder les autres passer. Qu’attendent-elles pour se prendre en main ? Il y aurait tant de choses à faire… Et qu’on ne me dise pas qu’il n’y a pas d’argent. L’argent n’est qu’une excuse facile.
Seulement ici, on fait son travail et ce pour quoi on est payé. Pas de place pour penser plus loin, pour être novateur, ou pour s’occuper du bien commun. Ca sonne dur, mais c’est la réalité.
Un autre exemple illustre ce point de vue : Je devais travailler à l’école primaire de Carenero, l’île en face de Bocas. Tout était soit disant prêt. Je me suis donc rendue à l’heure dite à l’école entourée de bouteilles vides, de plastiques, de vieux sanitaires et de beaucoup d’autres choses encore gisant dans l’eau stagnante. Le directeur m’a fait revenir 4 fois en trouvant toutes sortes de raisons avant de me dire que finalement, il n’avait pas besoin de moi. Premièrement je voulais juste rendre service, deuxièmement, voyant l’environnement de l’école, je doute qu’on ait assez de personnel, mais c’est juste une question de flexibilité, de motivation et de volonté. Pourtant il ne faut pas tant d’imagination que ça pour trouver de quoi faire faire aux enfants. Au bout de 2 minutes d’observation, les idées fusent, c’est tellement flagrant…
C’est un des côtés négatifs de l’Amérique centrale et certainement de beaucoup d’autres endroits du monde. J’avoue que maintenant, je réfléchirai à 2 fois avant de faire un don aux pays en voie de développement. Je refuse l’assistanat. Ca ne mène à rien sur du long terme.
Dans quelques jours, on va se rendre au Nicaragua, puis ce sera l’envol vers les Etats-Unis où d’autres impressions nous attendent. Je me réjouis des nouvelles rencontres et des nouveaux paysages que nous allons faire et découvrir.
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