Mardi 25 décembre 2007
DANNY GREENE, SAN FRANCISCO, 06.12.07


undefined

Et nous rencontrâmes Danny. Dany Greene. Danny est grand, mince, les cheveux grisonnants, habillé simplement : jean, baskets et veste de jogging. Il nous interpella dans un supermarché du centre de San Francisco, alors que nous étions en train de choisir des fromages et qu‘il nous entendit parler allemand.
„Oh yeah, Germany, very nice! Je suis manager de groupe de rock et je me rends justement au show de Stefan Raab (le comique le plus en vogue d‘Allemagne) dans deux semaines.
- Ah yes, incredible!“
Et nous commençâmes à parler sur le monde.
Danny était vraiment très sympathique, juste ses dents, gâtées et manquantes nous firent rester méfiants.
Après quelques minutes de discussion, Danny nous proposa :
„Hey guys, ce soir il y a un enregistrement d‘émission de télé avec Metallica, Pearl Jam et Red Hot Chili Peppers. J‘y suis avec mon groupe. Si vous voulez, je vous y ferai rentrer pour 8$ seulement. On dira que vous faites partie du groupe. Ca vous dit?“
Evidemment, quelle question !
Il nous donna donc rendez-vous une demi-heure plus tard dans un hôtel prestigieux de San Francisco. La seule chose qui nous dérangeait, c‘était qu‘on avait notre gros sac à dos avec toutes nos affaires : ordinateur, appareil photo, argent, Piccolo… Et ses dents… hum. Car en fait, on ne le connaissait pas, ce Danny.
Steve eût une idée : „Nous rentrons dans un hôtel et demandons s‘ils sont au courant de l‘enregistrement d‘un show avec Metallica & Co.“  
Aussitôt dit, aussitôt fait. Les réceptionnistes furent très aimables et cherchèrent des informations sur internet : rien. Ils nous proposèrent de laisser nos bagages chez eux, en sécurité, offre que nous acceptâmes allègrement.
Danny nous attendait déjà devant l‘hôtel. Je demandai encore à aller aux toilettes. Bien que  ses musiciens logeassent au St Francis, Danny n‘avait apparemment jamais ressenti le besoin de faire ses besoins dans cet endroit puisqu‘il fut incapable de m‘orienter. L‘affaire nous semblait de plus en plus étrange. Il commença ensuite à nous expliquer où l‘enregistrement devait avoir lieu exactement, comment ça allait se dérouler et nous fit remarquer qu‘on devrait déposer nos affaires dans une consigne parce qu‘on ne pourrait pas rentrer avec notre gros sac. Et de remarquer 3 secondes plus tard avec une amertume pas très bien dissimulée :    „Ah you haven‘t any“ .
Quand Danny nous demanda les 8$, et malgré les informations détaillées qu‘il avait immortalisées sur papier non sans un certain don artistique (ne serait-ce que dans l‘imagination), on comprit que Danny, Danny Greene, n‘était pas manager de groupe de rock, qu‘il n‘irait sans doute jamais au show de Stefan Raab, mais qu‘il ne s‘agissait là que d‘une personne mal intentionnée. On lui signala que nous n‘avions même pas 16$ en poche et le pria de nous avancer l‘argent. Il nous répondit qu‘il devait retourner au Marriott, dans sa chambre d‘hôtel pour prendre sa carte de crédit et que nous nous retrouverions à l‘endroit indiqué à 22h. Au Marriott, et il n‘a même pas 16$ sur lui...
Pour nous, l‘affaire était claire, mais on voulut tout de même s‘en assurer complètement. Le personnel de l‘hôtel de luxe nous aida à mener à bien notre enquête en téléphonant aux numéros de téléphone écrits sur le prospectus réalisé par Danny et nos derniers doutes se transformèrent en certitude.
Nous nous dirigeâmes donc sur le chemin de retour.
Le lendemain, fiers d‘avoir déjoué la ruse, on se moqua encore de l‘imagination de notre Danny en entrant dans le tramway. Je choisis une place au fond du wagon et remarqua que Steve était resté à l‘entrée. Et pour cause, il discutait avec … Danny!!!
„Danny, on t‘a attendu hier, où étais-tu passé? feint Steve de s‘inquiéter. Danny, l‘air gêné, répondit d‘une voix hésitante qu‘il avait dû y avoir un malentendu.
Danny se sentait mal, ça sautait aux yeux. Steve, soucieux, lui demanda s‘il était „ok“. Danny se contenta de répondre par l‘affirmatif et descendit hâtivement à la station suivante.
Passée la satisfaction évidente d‘avoir découvert la supercherie, Danny nous fit de la peine. Dans le tramway, il avait un sac à la main qui contenait une toile qu‘il avait certainement peinte lui-même. Qu‘est-ce qui poussait quelqu‘un comme Danny, sans doute talentueux artistiquement et visiblement amateur en affaire criminelle à „passer à l‘acte“ ? Danny était-il un artiste non reconnu, oublié, voire renié par la société ? Nous ne le saurons jamais, mais une chose est sûre, Danny n‘était pas heureux.
Par Aurelie - Publié dans : USA-ANNEXE
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Décembre 2009
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus